AU PIF

Brian G. Hutton | De l'or pour les braves (1970)
























Deux ans après "Quand les aigles attaquent", Clint Eastwood et Brian G. Hutton se retrouvent pour ce film joyeusement antimilitariste.
La guerre, le patriotisme et l'héroïsme y sont raillés avec une efficacité jubilatoire, à des années-lumière des "Bérets verts" que John Wayne réalisa deux ans plus tôt mais proche dans l'esprit contestataire des "MASH" de Altman et autre "Comment j'ai gagné la guerre" de Lester. Sorte de film de guerre à la sauce spaghetti (les clins d'oeil à Leone sont nombreux), "De l'or pour les braves" mêle avec habilité suspense et parodie, emballé avec nervosité et rythmé par la bande-son de Lalo Schifrin. Malgré son charisme, Clint semble pourtant s'ennuyer quelque peu au milieu de toutes ces explosions, et du coup se fait quasiment voler la vedette par un Donald Sutherland grandiose en hippie avant l'heure qui bouffe littéralement l'écran. Kojak, Don Rickles, Carroll O'Connor, Harry Dean Stanton et même Gavin MacLeod (le futur commandant Stubing de "La croisière s'amuse" !) complètent un casting impeccable. Mécontent du résultat comme du tournage, Eastwood, dont c'est la dernière grosse production hollywoodienne, entamera dès l'année suivante la carrière de metteur en scène que l'on sait, désireux de contrôler ses films d'un bout à l'autre. A l'exception de Don Siegel, Michael Cimino (qu'il découvrira) et John Sturges, il ne tournera désormais (presque) plus que pour lui-même, confiant à ses assistants les sujets plus commerciaux qui l'intéressent moins. Reste que "De l'or pour les braves" est une oeuvre culte dont on ne se lasse pas et qui résiste parfaitement à l'usure du temps... (vu le 27.03.2016)


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